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Le résultat des présidentielles doit désormais être évalué à sa juste mesure au regard de l’histoire du pays comme de l’avenir de la gauche. A l’instar de notre candidate manifestant le souci constant d’une écoute attentive du peuple, nous ne pouvons ignorer le moment essentiel de son expression qui est celui de l’élection elle-même.
Si notre mémoire militante en retiendra une ferveur fortement structurée par une volonté de rénovation et par le rejet de N. Sarkozy, l’histoire retiendra quant à elle les 25 % d’une gauche asséchée au 1er tour et une défaite finale à 47 % au second.
Or, l’histoire politique n’est pas qu’une succession d’évènements. Ce qui importe est d’en analyser les processus d’accouchement car la paresse serait de confondre symptômes et solutions.
En d’autres termes, la campagne de Ségolène Royal elle-même, tout comme les critiques factuelles ou les aveuglements excessifs qui en sont dressés, ne sont-ils pas que la pure expression symptomatique de carences plus structurelles ? Si tel est le cas, la réponse n’est pas dans la précipitation à trancher la question d’un quelconque leadership mais à construire les solutions politiques d’une légitimité collective renouvelée vis à vis des français.
Devons-nous réduire notre ambition à n’offrir éternellement qu’un vote refuge de résistance plutôt qu’un vote d’adhésion ? Devons-nous se consoler d’élections intermédiaires réduisant notre formation à l’addition de légitimités locales ? Devons-nous se satisfaire des colmatages habituels confondant l’affichage d’un contenant au dépend d’une exigence de contenu ? Chemin faisant, d’Etats Généraux en Assises de la gauche, de rénovation scandée en rassemblements invoqués, la litanie des mots et des choses n’a pas eu raison de la nonchalance des esprits, de l’engourdissement des volontés.
Tout le monde s’accorde. La victoire de la droite est celle d’une revanche idéologique qui a puisé sa détermination dans la volonté de clore le cycle ouvert par François Mitterrand en 1981. Nicolas Sarkozy s’est présenté comme le candidat d’une alternance à travers un discours de refondation identitaire néoconservatrice patiemment construite.
Sa victoire n’est pas un accident et notre défaite n’est donc pas une coïncidence. Elle impose à la gauche une réponse structurelle à la hauteur du défi : affronter la fin d’un cycle ouvert dans les années 70 et engager la refondation de son socle, de ses méthodes, de son discours faute d’accréditer l’idée d’une « gauche devenue la plus bête du monde ». Notre devoir n’est plus seulement celui de l’inventaire. Il est celui du vide-grenier pour un réarmement nouveau, du renouvellement plutôt que du ravalement.
2002 ne fut pas qu’un événement. 2004 a offert la diversion illusoire du réconfort. 2007 résonne comme un achèvement malgré la dignité de notre présence au second tour.
Si la gauche et les socialistes sont collectivement responsables de n’avoir pas su renouveler leur offre politique, cette question va au delà de l’issue factice de nouvelles alliances ou des frontières du Parti. Elle exonèrerait trop, leurs délateurs comme leurs zélateurs, du devoir de s’interroger sur nous-mêmes.
Alors bien sûr, l’heure est à l’unité pour combattre et assurer le meilleur score aux législatives. Mais l’unité n’interdit pas la lucidité. Cette dernière en est la condition si l’on veut que ce prochain scrutin devienne aussi le point d’appui d’un combat plus efficace contre la droite et d’une alternative crédible pour un peuple dont nous avons entendu le message.
Reconnaissons-le, Ségolène Royal a ouvert le champ des possibles et bousculé le probable. Le changement dans la continuité s’éloigne désormais du souhaitable.
Durant cette campagne présidentielle, la gauche représentée au second tour par Ségolène Royal a ouvert la voie, malgré son score, d’une rénovation devenue indispensable. La dynamique engagée comme son résultat doivent désormais être évalués à leur juste mesure.
La victoire de la droite est celle d’une revanche idéologique sans précédent par son contenu libéral et son credo néo-conservateur. Dans la permanence de ces valeurs, la gauche doit aussi affronter la fin d’un cycle politique et idéologique ouvert depuis trente ans en s’engageant résolument dans une refondation de son socle, de ses méthodes, de son discours.
Dans l’immédiat, il s’agit de poursuivre la mobilisation autour des candidats socialistes aux élections législatives. Les scores de Ségolène Royal en Midi-Pyrénées, en Haute-Garonne et à Toulouse démontrent une nouvelle fois combien notre région est à la fois une terre de résistance et celle de tous les espoirs. Les 10 et 17 juin, il faudra le confirmer.
C'était un vendredi 13 et DSK était à nouveau à Toulouse pour la troisième fois en 6 mois. Une rencontre avec des industriels l'après-midi, puis une autre avec des acteurs culturels aux côtés de mon ami Jean-Jacques Mirassou, pour finir par un beau meeting devant 1000 personnes, la journée fut utile et réussie. De nombreux observateurs m'ont d'ailleurs fait remarquer la présence de gens nouveaux et parfois venus de loin. Continuons donc à tracer le sillon.
Petit frisson de surprise lors de la réunion publique : DSK évoqua, au détour d'un remerciement, les qualités du "sémillant Martin Malvy" alors que se profilent les élections municipales à Toulouse. A entendre les remarques de nombres d'amis à la sortie, l'effet fut garanti et même amplifié ensuite par La Dépêche. "DSK choisit Malvy". Encore faut-il que Martin lui-même choisisse Malvy ! Ensuite, la sollicitude des uns et des autres devra passer par la validation des adhérents du PS et des toulousains. Cela étant, pour ma part, je le confirme également. A ce jour, Martin Malvy est le mieux placé pour faire tomber le Capitole à gauche même si sondages et notoriété ne suffiront pas - nous le savons - à garantir le succès collectif.
La crise sans précédent qui traverse Airbus, provoque aujourd’hui colère et indignation.
De la colère d’abord parce qu’elle touche des milliers de salariés et des centaines de sous-traitants. Alors qu’ils sont à l’origine des succès industriels de l’entreprise, ils payent aujourd’hui l’imprévoyance de certains et la logique financière d’actionnaires s’émancipant chaque jour davantage des enjeux industriels et de souveraineté que représente l’aéronautique.
De l’indignation ensuite contre nos gouvernants dont les discours sur le patriotisme économique se sont davantage illustrés par le placement des amis, dotés de parachutes dorés, aux dépens d’une gestion active et volontaire y compris vis-à-vis de nos partenaires de ce secteur clé de l’industrie européenne.
Devant le risque désormais présent d’une perte sans précédent sur son cœur de métier, Airbus mérite mieux que la mise en scène d’une impuissance publique contemplative de la nouvelle valorisation du titre au prix d’une dévalorisation du travail et de l’emploi.
Quel rôle a donc joué l’Agence des Participations de l’Etat, créée par ce gouvernement, et dont l’objet fut justement de veiller à sa fonction d’actionnaire dans le capital d’entreprises comme EADS ?
Philippe Douste-Blazy, toujours éloquent lorsqu’il s’agit de se valoriser lui-même du succès des autres, est aujourd’hui bien silencieux sur la responsabilité de son propre gouvernement dans l’évolution donnée à ce joyau de notre économie régionale, dans son laisser-aller coupable, dans son laisser venir comptable, dans son « laisser agir » libéral.
L’heure est à la mobilisation des salariés, à la disponibilité des collectivités pour agir vite, à la remise à plat de l’ensemble du dossier industriel.
Mais elle sera aussi, demain, celle des urnes.
Le Pacte des Ségolène :
http://www.dailymotion.com/video/x18kj2_pactepresidentiel0001
Le soutien de Thomas Picketty
http://www.dailymotion.com/video/x196nm_thomas-piketty-antisarko
Quelques jours de repos, dans les Alpes, m'ont permis de prendre un peu de recul. Ce court séjour aura été salutaire. A mon retour, je découvre les dernières intentions de Ségolène qui veut sortir de l'autogestion et remettre de la verticalité. Une restructuration de l'animation de campagne est annoncée. Ce fut exactement le souhait que j'avais exprimé - avec un peu d'énervement - lors d'une réunion récente. Pour le reste, il faut se féliciter de l'impact de son émission sur TF1. Il faut à présent compléter la démarche et donner corps à la globalité de l'alternative proposée. Oui, Ségolène fait bouger les lignes. Alors, accompagnons là pour en dessiner de nouvelles, pour forger la cohérence, pour organiser les plaidoiries en faveur de son pacte présidentiel et autour des déclinaisons essentielles pour fonder la victoire. DSK est indispensable à ce travail. A l'issue de l'émission de PPDA, la complémentarité est évidente. Reste à la formaliser !
Jeudi 1er février, nous avons rendu hommage à Alain Savary. A l'hôtel de région, désormais, un grand hall porte son nom. Celui où nous nous retrouvons souvent autour d'un café partagé, le matin, pour commenter l'actualité, pour débriefer une récente réunion. C'est notre salle des quatre colonnes, des pas perdus, des conciliabules prometteurs, des rendez-vous de presse. Je pense qu'Alain Savary aurait été heureux de savoir que c'est finalement un lieu vivant que nous avons choisi. Ses filles étaient présentes. Belles et dignes. Ce jour là, j'ai aussi penser à Sylvette avec qui j'avais récemment partagé un verre dans cette salle et pour laquelle nous avons observé le matin même une minute de silence. Sylvette Brian était une jeune collègue, élue du Tarn et Garonne, partie accidentellement quelques jours auparavent. Son père et son mari étaient là, parmi nous. Eux aussi, ils étaient beaux parce que dignes.
Démonstration de force, dimanche dernier, de Sarkozy. Il nous la joue grande distribution. Ségolène, quant à elle, a plutôt choisi l'épicerie de campagne. Les ruisseaux avant les grandes rivières ? En attendant, rien ne sera épargné et la mauvaise foi règne. Les médias font leur choux gras de la situation fisco-matrimoniale du couple Ségolène-François. Les provocations commencent. Tâchons rapidement d'offrir davantage de politique à mettre sous la dent de nos incorrigibles commentateurs.
Vivement demain qu'on passe aux choses sérieuses et que s'affirme autrement l'autorité légitime de celle qu'on a désigné. Le bateau ne doit avoir qu'un capitaine. Quant aux autres, il faut souquer de bon coeur en attendant de "zouquer" en choeur.
BONNE ANNEE 2007.
ET QUE LA FORCE SOIT AVEC VOUS
Le temps de la réponse : cette contribution personnelle, publiée après la défaite de 2002, se proposait de construire l’avenir de la gauche par l’invention d’une gauche d’avenir. En la relisant, je la trouve toujours très actuelle et par moments annonciatrice... Téléchargement un_an_aprs.pdf