Airbus : entre colère et indignation
La crise sans précédent qui traverse Airbus, provoque aujourd’hui colère et indignation.
De la colère d’abord parce qu’elle touche des milliers de salariés et des centaines de sous-traitants. Alors qu’ils sont à l’origine des succès industriels de l’entreprise, ils payent aujourd’hui l’imprévoyance de certains et la logique financière d’actionnaires s’émancipant chaque jour davantage des enjeux industriels et de souveraineté que représente l’aéronautique.
De l’indignation ensuite contre nos gouvernants dont les discours sur le patriotisme économique se sont davantage illustrés par le placement des amis, dotés de parachutes dorés, aux dépens d’une gestion active et volontaire y compris vis-à-vis de nos partenaires de ce secteur clé de l’industrie européenne.
Devant le risque désormais présent d’une perte sans précédent sur son cœur de métier, Airbus mérite mieux que la mise en scène d’une impuissance publique contemplative de la nouvelle valorisation du titre au prix d’une dévalorisation du travail et de l’emploi.
Quel rôle a donc joué l’Agence des Participations de l’Etat, créée par ce gouvernement, et dont l’objet fut justement de veiller à sa fonction d’actionnaire dans le capital d’entreprises comme EADS ?
Philippe Douste-Blazy, toujours éloquent lorsqu’il s’agit de se valoriser lui-même du succès des autres, est aujourd’hui bien silencieux sur la responsabilité de son propre gouvernement dans l’évolution donnée à ce joyau de notre économie régionale, dans son laisser-aller coupable, dans son laisser venir comptable, dans son « laisser agir » libéral.
L’heure est à la mobilisation des salariés, à la disponibilité des collectivités pour agir vite, à la remise à plat de l’ensemble du dossier industriel.
Mais elle sera aussi, demain, celle des urnes.